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[Billet] Les cerveaux des élèves sont-ils enseignés ou formatés ?

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Jacques de Coulomb, proviseur d’un collège en Suisse soulignait déjà en 2003 que le système éducatif réduit et comprime l’être dans un enfermement, installant chez l’élève «une seule logique soumise au conformisme de la pensée unique.»

Ce proviseur est convaincu que ce sont les enseignants qui peuvent amener les élèves à devenir des êtres capables de réfléchir par eux même. Force est de constater que la crise mondiale de la Covid-19 fait resurgir des comportements que nous pourrions qualifier de primaires. Les stratégies politiques, relayées par les médias, démontrent que les populations sont formatées et obéissent sans une vision globale.

Ce cas de figure, que l’on pourrait nommer : « syndrome du ouistiti » (soit la compréhension qu’en appuyant sur un bouton, le primate obtient une banane), est une pathologie que nous retrouvons chez beaucoup de formatés, souvent très diplômés.

Les esprits critiques non formatés-orientés sont rares, car le fonctionnement éducatif est axé sur l’ingurgitation de connaissances, moins sur leurs compréhensions et utilisations.

Nos cerveaux ont deux hémisphères qui se « comportent » différemment.

À gauche, l’hémisphère que je nommerai fourmi est le siège de la logique, du raisonnement, de l’analyse, du concret qui structure, du stockage de données…

À droite, l’hémisphère nommé cigale, où nous trouverons l’instinct, les émotions, l’intuition, l’approche globale donc holistique, les nouvelles informations…

Ainsi, une éducation trop systématique et doctrinale va développer une logique qui pourrait être aride, ne laissant pas la place à la créativité. Durant des décennies, de nombreux enfants ont été réduits et forcés d’utiliser leur main droite, fortifiant par la même occasion leur hémisphère gauche pour le formatage.

Il y a en effet un croisement (ou chiasme) entre hémisphères et latéralité droite – gauche.

Malgré les bonnes volontés de certains enseignants qui tentent de pousser les étudiants à réfléchir par eux-mêmes, les programmes bien lourds d’ingurgitation et de séances de vomissures sont la clé de ladite connaissance, de la compétition, de la réussite absolue… de tout le système éducatif « moderne ».

Notre éducation ou le formatage vont induire nos futures préférences cérébrales.

Nous constatons que nos « élites » ont été sélectionnées, passées au crible de la pensée linéaire, rationnelle, le concret quantitatif a pris le pas sur le monde qualitatif.

L’invisible n’existant pas, il a été éradiqué et stérilisé par l’outil dit « scientifique ».

Pourrions-nous parler d’élite OGM ?

Combien d’enfant cigales se retrouvent sur le carreau, non-conformes d’avec les critères fourmis. Il est difficile de sortir des matières dites rentables tels que : mathématiques, physique, biologie, français, histoire, géographie…

Les arts, ton imagination… ne servent à rien et ne te feront pas gagner ta vie, mon chéri !

Des études précisent que cette bipartition cerveau droit et gauche est un mythe. On a fait de nombreuses recherches : il n’y a pas de latéralisation ! Dans ces études, on est satisfait de penser pour vous, on continue à disséquer et prouver que la vie obéit à la toute puissante logique. L’utilisation du « on » correspond à un outil d’hypnose.

Si la science à de nombreux outils visibles, (microscopes, scalpels, théories, blablabla), où sont donc les outils analysant l’invisible qui, bien sûr, n’existe pas ?

En faculté, a-t-on jamais vu un bocal d’amour ? Ça n’existe pas.

Peut-être une éprouvette de courage, de peur, d’empathie, de loyauté, de médisance… la liste est longue.

Nos fonctions nerveuses sympathique et parasympathique n’ont pas une seule fonction accélératrice ou décélératrice, chacune possède intrinsèquement ces deux capacités.

De la même manière nos hémisphères ont des zones spécialisées et partagées.

Le mode binaire est soi-disant inventé par le mathématicien Leibnitz au XVII° siècle, mein Gott ! On nous fait croire en un monde bipartite, tout blanc ou tout noir !

Par chance, le yin/yang chinois est millénaire, il possède toujours un point blanc dans le noir et un point noir dans le blanc, ce qui induit que toutes les nuances de gris existent.

En 2007, la Finlande a réformé son système éducatif, avec l’abandon complet des évaluations des acquis… donc du formatage. Ce modèle est l’un des meilleurs au monde.

Nous retrouvons cette même approche éducative globale dans la pédagogie Montessori, dont l’objectif est de forger l’équilibre de l’enfant et de ses rythmes. L’esprit de l’enfant est comparable à une éponge, en fonction du milieu ambiant, il absorbera du quantitatif et/ou du qualitatif.

Nos institutions éducatives ont la responsabilité de jeunes esprits appelés à être des adultes conscients et responsables. Il serait temps de retenir les apprentissages qui « opèrent en l’être », et non ceux qui par idéologie néolibérale produiront des fourmis ouvrières exploitables et rentables à souhait.

L’école s’immisce dans des sphères qui jusqu’à peu ne lui incombait pas, comme l’orientation et la vie sexuelle dès la fin du primaire (Europe et US), la santé avec le port de masques et autres aberrations.

L’école prépare-t-elle à la Vie ?

A divers niveaux, des réformes seraient souhaitables : sur les contenus et quantités des enseignements, les pratiques scolaires, les relations sociales tissées, les systèmes de valeur dans lesquels évoluent les élèves…

Regardons ces pays de type fourmilière, sans imagination, obéissant, produisant, polluant… les libertés, les rêves, la poésie et les grandes découvertes s’en sont allés.

N’avons-nous pas des résonances avec ce que nous vivons actuellement ?

N’est-il pas temps de passer au « dé-formatage » ?

Verrons-nous l’acte II où la Cigale, radieuse, dira :

« Eh bien ! Usinez maintenant. »

Véritablement l’équilibre viendra de la réconciliation entre la Cigale et la Fourmi.

B.T. le 10 octobre 2021.

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