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[Billet] La matière des faits

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Se forger une opinion: l’expression convient à cette époque. Nous sommes bombardés de «vérités», de convictions, alors que nous avons besoin de faits. Comme avec la matière brute du forgeron, il nous appartient de fournir l’énergie nécessaire au façonnage. Pour cela, nous n’avons nulle envie de partir de pensées déjà toutes faites, assénées de manière répétitive comme étant des idées à adopter sans réflexion.

La situation sanitaire a quelque chose de caricatural. Il y a comme une volonté de ne s’adresser qu’à la part émotionnelle de notre cerveau. De nous livrer des informations brutes, mais incomplètes. Comme de citer un nombre de morts «depuis le début de la pandémie», sans ajouter dans le même paquet celui du total des décès et celui des principales causes générales que sont les accidents cardiovasculaires, les cancers, etc. 

La rapidité avec laquelle les décisions politiques sont prises fait croire que la nécessité les impose. Dans cette tourmente, très rares sont les commentaires qui prennent la peine de faire le travail d’exposer les faits, tous ceux qui sont pertinents, puis de les mettre en perspective. Puis c’est à nous de juger.

Un jour les historiens et les sociologues, et sans doute même la justice, examinant cette époque, en tireront une leçon. Celle de l’importance de revenir à cette base saine: se forger une opinion. Cela prend du temps et de l’énergie. Mais la solidité de nos points de vue en dépend.

Gil Egger

2 août 2021

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